Les Iris est l'un des premiers motifs choisis par Van Gogh lorsqu'il
se fait interner à Saint-Rémy. Il peint ce massif en très gros plan,
comme une jungle. L'espace peu profond de la toile est rempli de fleurs
exubérantes, traitées avec des touches striées bleues et blanches. Les
feuilles épaisses semblent pousser de manière incontrôlée. Pissenlits
et marguerites envahissent l'arrière-plan. L'œuvre, très bien composée,
se subdivise en taches colorées évoquant la luminosité de l'été et créant
une harmonie paisible. L'ocre brun-rouge chaud de la terre couverte
d'aiguilles de pin contraste avec le vert des feuilles, avec le mauve
des iris et avec celui d'un groupe de roses. Un iris blanc s'oppose
à ces teintes vives comme un écho plus froid. L'abondance des couleurs
ainsi que la variété des formes font ressortir la profusion et la générosité
de la Création, comme si l'artiste s'était agenouillé devant elle :
" Ce n'est pas tant le langage du peintre que celui de la nature que
l'on doit entendre ", écrit-il. Le tableau a été exposé au Salon des
indépendants en 1889, où il a été remarqué comme une belle étude pleine
d'air et de vie.