Première version de La Chambre à coucher en octobre 1888. Le tableau
a été abîmé, Vincent en exécute une réplique en modifiant les couleurs.
Il en fera une troisième, aux tons plus chauds, destinée à sa mère et
à sa sœur. C'est celle-ci que nous admirons. Van Gogh est heureux de
son installation, qui le réconforte " comme la musique réconforte. Cela
me fait du bien et chasse les idées anormales ", écrit-il. Il désire
montrer les preuves de sa stabilité à sa famille. D'autant que, selon
lui, les couleurs simples utilisées dans cette toile doivent y suggérer
repos ou sommeil. Cette chambre idéale apparaît destinée à deux personnes.
Le lit présente un aspect de solidité, de sécurité et de calme. La vue
du tableau lui-même, où le blanc est utilisé avec parcimonie, doit reposer
la tête ou plutôt l'imagination. Le lit ne se trouve pourtant pas à
angle droit avec le mur, les chaises sont présentées en vue plongeante.
Le sol, qui n'est pas droit, paraît fuyant. Et l'ensemble de la perspective
est volontairement, ou inconsciemment, mouvant et décroché : toute la
place est laissée à la couleur.