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Le tigre qui saute
Dans les arts martiaux actuels, aucune arme n'est devenue aussi notoire
que le nunchaku. Le chuck, comme on l'appelle familièrement,
est considéré par les forces de police et par les tribunaux
comme un arme offensive, bien que ces deux morceaux de bois reliés
ensemble par une petite corde ne resemblent pas à une arme redoutable.
Mais, entre les mains d'un expert, le nunchaku peut se comparer à
un tigre déchaîné se jetant sur la victime pour
se livrer à un abominable carnage. Une paire de nunchakus, utilisée
adroitement, peut vaincre plusieurs adversaires simultanément.
Les armes de rues au XXème siècle
Lorsque le nunchaku est manipulé, il est impossible de l'attraper
et de le retirer des mains de celui qui le tient. C'est une arme qui
peut être utilisée aussi bien à une certaine distance
qu'à proximité de l'adversaire. En définitive,
ce simple instrument aratoire affiné et développé,
s'est transformé en une arme de rue redoutable du XXème
siècle. Cela dit, cette arme ancienne comporte deux facettes
: il s'agit non seulement d'une arme pouvant causer des blessures très
rapidement, mais également d'un instrument qui, une fois entre
les mains d'un karatéka sérieux peut devenir une source
d'inspiration pour ses katas, ainsi qu'un instrument dynamique permettant
à l'artiste martial d'améliorer ses techniques. Il est
intéressant de noter que lorsqu'un nunchaku est utilisé
par une personne non entraînée, il peut faire plus de mal
à l'assaillant qu'à son adversaire.
Les premiers nunchakus étaient maintenus ensemble par une corde
en crins de cheval. C'était donc une arme d'une fabrication aisée
que l'on pouvait facilement cacher sur soi, puis dégainer d'un
coup de poignet pour bénéficier de son efficacité
meurtrière. Il est tout à fait probable que les premiers
développements de nunchakus, en tant qu'instrument aratoire aussi
bien qu'arme, sont originaires de Chine. On rencontre des variantes
de cette arme aux Philippines, où elle est connue sous le nom
de tabak-toyok, ainsi qu'au Viet-Nam, au Laos, au Cambodge et
en Malaisie.
Le nunchaku et la loi
Tout comme le saï, le nunchaku fut adopté par les élèves
de Karaté. Les karatékas qui avaient déjà
développé une certaine agilité trouvèrent
que l'utilisation du nunchaku lors de leur entraînement était
très efficace.
En fait, la rapidité des mouvements et des réflexes requis
par l'utilisation de cette arme apporte quelque chose de plus à
la pratique des arts martiaux en général. Bien que les
"chucks" étaient déjà connus et utilisés
aux Etats-Unis depuis des années par de nombreux karatékas,
ce furent en fait Hollywood et le premier film américain de Bruce
Lee Enter The Dragon (Opération Dragon) qui conférérent
à cette arme sa popularité et sa notoriété
qui sont aujourd'hui universelles. L'habilité à manier
le nunchaku, qui fut montrée à l'écran par Bruce
Lee, encouragea des jeunes dans le monde entier à s'en construire
une paire eux-mêmes pour imiter leur héros.
Le nunchaku et la loi
En quelques semaines, un engouement pour le nunchaku se répandit
en Amérique. Malheureusement, il se produisit des accidents qui
résultèrent de la mauvaise utilisation d'une arme qui
demande en fait beaucoup d'adresse. En outre, les criminels virent également
le potentiel du nunchaku et commencèrent à l'utiliser.
Bientôt, les agressions et autres crimes de ce type furent perpétrés
avec des nunchakus, armes faciles à fabriquer soi-même.
C'est alors qu'une loi fut promulgée pour interdire le port du
nunchaku qui avait été répertorié comme
arme meurtrière. Puis il fut complètement prohibé.
Certains états, tels que la Califormie, votèrent tout
simplement un amendement à une loi pré-existante afin
d'interdire le nunchaku. Le 4 avril 1974, le Code pénal californien
définissait le port du nunchaku, sans même qu'il soit utilisé,
comme un délit passible d'une peine de prison.
L'exception à la règle
Pendant certains temps, on pensa qu'à cause de cette mauvaise
utilisation du nunchaku, ce dernier ne pourrait même plus être
employé par les karatèkas sérieux pour s'entraîner
dans la pratique de leur art. Cependant, le texte d'application de cette
loi pénale spécifiait qu'il existerait certaines exceptions.
En effet, le nunchaku pouvait être utilisé dans des lieux
ayant reçu un permis et dans le cadre d'une école d'arts
martiaux pour la pratique d'un système d'auto-défense
ou du karaté. Ainsi, du moins pour l'artiste martial, l'utilisation
du nunchaku continua à être utilisé.
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