A l'origine, le nunchaku était un instrument aratoire qui servait à battre le riz, mais qui fut ensuite développé sur l'île d'Okinawa en tant qu'arme pendant l'occupation japonaise. On pensait qu'il s'agissait d'une arme originaire de cette île, mais on le retrouve en fait dans tous les payx asiatiques. Cet instrument comporte deux morceaux de bois de longueures égales maintenues ensemble en leur extrémité par une chaîne ou une corde. Les bâtonnets mesurent entre 30 et 35 centimètres de long. Cependant, l'aspect inoffensif de cet instrument dissimule en fait une arme redoutable. Le nunchaku peut être utilisé pour bloquer ou pour attaquer, il peut être lancé avec une force extrême pour toucher un assaillant à une grande distance et la corde qui maintient les bâtonnets peut s'utiliser pour étrangler l'adversaire.


Le tigre qui saute

Dans les arts martiaux actuels, aucune arme n'est devenue aussi notoire que le nunchaku. Le chuck, comme on l'appelle familièrement, est considéré par les forces de police et par les tribunaux comme un arme offensive, bien que ces deux morceaux de bois reliés ensemble par une petite corde ne resemblent pas à une arme redoutable. Mais, entre les mains d'un expert, le nunchaku peut se comparer à un tigre déchaîné se jetant sur la victime pour se livrer à un abominable carnage. Une paire de nunchakus, utilisée adroitement, peut vaincre plusieurs adversaires simultanément.

Les armes de rues au XXème siècle
Lorsque le nunchaku est manipulé, il est impossible de l'attraper et de le retirer des mains de celui qui le tient. C'est une arme qui peut être utilisée aussi bien à une certaine distance qu'à proximité de l'adversaire. En définitive, ce simple instrument aratoire affiné et développé, s'est transformé en une arme de rue redoutable du XXème siècle. Cela dit, cette arme ancienne comporte deux facettes : il s'agit non seulement d'une arme pouvant causer des blessures très rapidement, mais également d'un instrument qui, une fois entre les mains d'un karatéka sérieux peut devenir une source d'inspiration pour ses katas, ainsi qu'un instrument dynamique permettant à l'artiste martial d'améliorer ses techniques. Il est intéressant de noter que lorsqu'un nunchaku est utilisé par une personne non entraînée, il peut faire plus de mal à l'assaillant qu'à son adversaire.
Les premiers nunchakus étaient maintenus ensemble par une corde en crins de cheval. C'était donc une arme d'une fabrication aisée que l'on pouvait facilement cacher sur soi, puis dégainer d'un coup de poignet pour bénéficier de son efficacité meurtrière. Il est tout à fait probable que les premiers développements de nunchakus, en tant qu'instrument aratoire aussi bien qu'arme, sont originaires de Chine. On rencontre des variantes de cette arme aux Philippines, où elle est connue sous le nom de tabak-toyok, ainsi qu'au Viet-Nam, au Laos, au Cambodge et en Malaisie.

Le nunchaku et la loi
Tout comme le saï, le nunchaku fut adopté par les élèves de Karaté. Les karatékas qui avaient déjà développé une certaine agilité trouvèrent que l'utilisation du nunchaku lors de leur entraînement était très efficace.
En fait, la rapidité des mouvements et des réflexes requis par l'utilisation de cette arme apporte quelque chose de plus à la pratique des arts martiaux en général. Bien que les "chucks" étaient déjà connus et utilisés aux Etats-Unis depuis des années par de nombreux karatékas, ce furent en fait Hollywood et le premier film américain de Bruce Lee Enter The Dragon (Opération Dragon) qui conférérent à cette arme sa popularité et sa notoriété qui sont aujourd'hui universelles. L'habilité à manier le nunchaku, qui fut montrée à l'écran par Bruce Lee, encouragea des jeunes dans le monde entier à s'en construire une paire eux-mêmes pour imiter leur héros.

Le nunchaku et la loi
En quelques semaines, un engouement pour le nunchaku se répandit en Amérique. Malheureusement, il se produisit des accidents qui résultèrent de la mauvaise utilisation d'une arme qui demande en fait beaucoup d'adresse. En outre, les criminels virent également le potentiel du nunchaku et commencèrent à l'utiliser. Bientôt, les agressions et autres crimes de ce type furent perpétrés avec des nunchakus, armes faciles à fabriquer soi-même. C'est alors qu'une loi fut promulgée pour interdire le port du nunchaku qui avait été répertorié comme arme meurtrière. Puis il fut complètement prohibé. Certains états, tels que la Califormie, votèrent tout simplement un amendement à une loi pré-existante afin d'interdire le nunchaku. Le 4 avril 1974, le Code pénal californien définissait le port du nunchaku, sans même qu'il soit utilisé, comme un délit passible d'une peine de prison.

L'exception à la règle
Pendant certains temps, on pensa qu'à cause de cette mauvaise utilisation du nunchaku, ce dernier ne pourrait même plus être employé par les karatèkas sérieux pour s'entraîner dans la pratique de leur art. Cependant, le texte d'application de cette loi pénale spécifiait qu'il existerait certaines exceptions. En effet, le nunchaku pouvait être utilisé dans des lieux ayant reçu un permis et dans le cadre d'une école d'arts martiaux pour la pratique d'un système d'auto-défense ou du karaté. Ainsi, du moins pour l'artiste martial, l'utilisation du nunchaku continua à être utilisé.

Méthodes de Lutte Orientale. par Peter Lewis Edition Minerva Isbn 2-8307-0158-5

Démonstration du maniement d'un nunchaku par Cyril.

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