Torse masculin, vers 480-470 avant J.-C.
Provenance et fabrication : Milet
Marbre insulaire (parien ?)
H. 132 cm
Fouilles Rayet et Thomas ; don Rothschild, 1873







Torse masculin, vers 480-470 avant J.-C.

Le "torse de Milet" s’impose d’emblée par sa carrure athlétique, ses épaules puissantes et ses proportions massives. Il témoigne de l’évolution radicale du type du nu masculin au début du Ve siècle avant J.-C., au passage de l’archaïsme au classicisme : la nudité et la frontalité, la position debout et l’avancée de la jambe gauche. Du VIe siècle il adopte la cambrure des reins, la stylisation de la toison pubienne. Du style sévère, il présente les nouveautés dans le rendu du mouvement des muscles. La saillie de l’omoplate droite indique clairement l’avancée du bras droit tendu et explique la dissymétrie du torse et des pectoraux. Le hanchement est souligné par le gonflement du bourrelet droit de l’aine.
On a retrouvé cette statue dans le théâtre de Milet, ville prospère d’Asie Mineure à l’époque hellénistique. Mais, antérieure au théâtre de plusieurs siècles, elle y a été remployée et restaurée, et on ignore pour quelle destination elle fut sculptée. La position du bras droit tenant la coupe ou l’arc pourrait laisser croire qu’il s’agit d’un Apollon qui aurait pu être sculpté pour un temple de Milet ou de Didymes, grand centre du culte d’Apollon tout proche.

Détails :
1. La toison pubienne est traitée en petites boucles de manière encore décorative, comme à l’époque archaïque.

2. La ligne blanche sépare les masses musculaires de l’abdomen, les divisions du grand droit et des denteléessont représentées avec précision.

3. A l’époque précédente, l’arc thoracique avait souvent la forme d’un V très étroit. Il prend désormais toute son ampleur, conformément à la réalité.

4. La crête iliaque ici notée permet un passage harmonieux de l’aine au flanc de la statue.